Les hameaux du Pra et Bousiéyas

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Le hameau du Pra est situé aux confins des Alpes maritimes, sur la commune de St Dalmas le Selvage à 1680 mètres d’altitude au confluent de deux rivières : la Tinée qui prend sa source au pied du col de Restefond la Bonette et le Salso Moreno qui descend des montagne de l’Enchastraye et du Bonnet Carré.

 

Ce petit village à longtemps fait partie du Comté de Nice, sous l’autorité du Royaume de Piémont Sardaigne.

En 1419, le comté de Nice fut rattaché à la maison de Savoie par un traité ratifié par Amédée III de Savoie sous la forme d’une annulation de créance.

Deux siècles durant le comté connut une ère de paix. Pendant cette longue période, les relations de collaboration s’établirent entre la famille ducale de Savoie Henri IV, Louis XIII et Louis IV Roi de France .

         En 1617 quelques familles quittent St Dalmas le Selvage, alors trop peuplé pour les ressources nourricières du village et fondent Le Pra et Bousieyas.

A cette époque le Salso Moreno reste dans son lit, le décrochement n’existe pas encore ce qui explique cette implantation aujourd’hui surprenante du hameau du Pra.

Le village se développe jusqu’à compter 160 habitants pour une dizaine de foyers seulement.

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Si les familles ont autant d’enfants, c’est peut être parce que de tous les hameaux, le Pra est celui qui subit la plus longue période d’enneigement à cause de son site en cuvette ce qui ne facilite pas la vie citadine.

La neige tombe en abondance, deux à trois mètre parfois et les déplacements sont très difficiles. Les Pratois vivent en quasi autarcie, d’agriculture et d’élevage chacun possédant ses propres animaux. Seules quelques occasions très importantes les font quitter le hameau comme le conseil communal et les saillies des vaches à St Dalmas le Selvage ou les principales foires des environs comme St Etienne de Tinée ou Barcelonnette.

Pourtant le Pra est un paisible hameau entouré de prés d’où son nom. Sous la protection de Ste Marie Madeleine, l’église fût construite en 1715. Les registres paroissiaux datent de 1803 pour les baptêmes, mariages et décès.

Il n’y avait pas de cimetière : il n’a été construit qu’en 1892 et déplacé en 1957 avec le déplacement de la route.

L’église de Bousieyas dédiée à St Pierre a été construite en 1717, le hameau comptait 99 habitants.

La particularité de ces deux hameaux était les charniers. Avec les longs et rudes hivers les habitants rencontraient des difficultés pour enterrer le corps dans la terre gelée.

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Une vie rythmée par les saisons pour les habitants. Une vie essentiellement agricole et d’élevage. La contrebande était une activité très surveillée par les douaniers et les gendarmes.

Le Camp des Fourches accueillait un casernement avec des militaires qui faisait tourner les commerces, principalement des bars, des deux hameaux.

On y cultivait le seigle, l’orge, les lentilles et les pommes de terre.

L’hiver il fallait s’occuper des animaux, donner le fourrage biquotidien, transporter l’eau sur les épaules, depuis les torrents, sur les sentiers gelés qu’il fallait déneiger et tracer dans la neige.

Le cheptel, indispensable à ces longs mois d’isolement, était cantonné dans les écuries situées au rez-de-chaussée des habitations : les vaches et quelques chèvres (pour les produits laitiers), quelques dizaines de moutons (pour la viande, la laine et quelquefois la vente d’agneaux), le mulet qui servait à la belle saison aux travaux des champs ou transport du foin et du bois, les poules (pour les œufs) le cochon (charcuterie pour la consommation familiale).

On avait de quoi s’occuper à l’abri quand soufflait le vent d’hiver et tombait en abondance cette neige avec laquelle il fallait cohabiter de longs mois.

A l’intérieur à proximité du poêle à bois on s’occupait : travaux d’artisanat comme le tissage, la vannerie, le travail du cuir et du bois, le filage de la laine...Les loisirs se résumaient aux veillées animées le plus souvent chez Adrien ANOGE, aux offices religieux et quelquefois, sous le soleil chaud des jours qui rallongent, aux glissades sur des skis fabriqués en bois de frêne.

 L’été c’était les fenaisons, la montée dans les alpages pour les pelouses grasses des quartiers d’Iscias, de l’Alp, de la Bonette, de Morgon ou de Tortisse.

En 1940, quand l’Italie déclare les hostilités à la France et l’Angleterre les autorités françaises décident un repli des populations frontalières vers la vallée du Var.

Les populations des hameaux du Pra et de Bousieyas sont évacuées vers Bayasse par le col des Granges Communes. Ce fut un moment difficile pour les populations de quitter leurs hameaux et leurs maisons.

Les hameaux du Pra et de Bousieyas sont situés dans la zone centrale du Parc National du Mercantour, créé en 1979.

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Habités jusque dans les années soixante ces hameaux sont aujourd’hui désertés en hiver. La route non dégagée depuis le Pont Haut (couloirs avalancheux) les rend inaccessibles.

 Au mois d’avril quand la route est dégagée, nous pouvons voir le printemps faire son œuvre : observer la faune se dorer au soleil, contempler la flore naissante et constater que les deux hameaux du Pra et de Bousieyas sont toujours là.

 L’été, avec la route touristique de Restefond La Bonette, les sentiers de randonnées pédestre balisés et entretenus, les touristes découvrent ou re-découvrent les deux hameaux dans leurs écrins de montagne.

Ils sont le point de départ de nombreuses randonnées pédestres : les Lacs de Vens, les lacs Morgon, les crêtes de la Blanche, le Col du Colombart, l’Enchastraye, Le col de Pouriac. Ils sont aussi les témoins des courses cyclistes ou pédestres vers l'ascension du col.

Les visiteurs apprécient de déjeuner dans le restaurant « Le Pratois » ou sont accueillis pour une soirée dans le gîte d’étape de Bousieyas tenu par Régine BRUN ou peuvent profiter de l'ambiance de la chambre d'hôtes "la clef du Vert Eden".